|Écrit de Louis Viratelle. Graphisme de 16game. Contenu vidéo de Léo Duff
Publié le 28 novembre 2020. 

|Écrit de Louis Viratelle. Graphisme de 16game.
|Contenu vidéo de Léo Duff
Publié le 28 novembre 2020. 

Douze septembre 2012. Apple introduit l’iPhone 5 aux cotés de l’iPod nano de 7ième génération et de l’iPod touch de 5ième génération. Durant cette conférence, l’entreprise présenta le connecteur Lightning, qui deviendra un incontournable en quelques années. Ce petit bout de métal dur auquel ressort huit broches conductrices sur chacune des faces deviendra banal pour tous. Il équipera tous les iPhones sans exception depuis le 5, au même titre que maints accessoires comme les écouteurs « true wirerless » d’Apple, les AirPods.

A la même époque, l’ensemble des produits high tech se convertissent au micro USB. Hormis Apple. Le micro USB succède au mini USB et permet un connecteur beaucoup moins épais, possédant des débits de transfert améliorés. Mais sa nomenclature « USB » reprendra l’un des plus gros défauts du traditionnel port de type A : le branchement du connecteur s’effectue dans un sens unique. Mais hormis la frustration récurrente que représente l’ergonomie des connecteurs USB de cette époque, leur conception est telle qu’il est pratiquement impossible de distinguer facilement le sens dans lequel il faut insérer la prise USB, comme c’est le cas par exemple pour une carte bancaire.
Ce principal obstacle aurait convaincu les équipes d’Apple à œuvrer pour un port propriétaire, respectant les normes d’ergonomie bien plus élevées que se fixe l’entreprise depuis toujours.

Le port Lightning est plus fin, plus simpliste dans sa conception faite d’une pièce métallique, plus esthétique et beaucoup moins sujet au jeu une fois inséré et retenu par le système de mâchoire du réceptacle. Mais sa principale qualité réside dans la viabilité de son fonctionnement quel que soit le sens d’insertion choisit. Autrement dit, le port Lightning fonctionne à chaque tentative de le connecter, soit deux fois plus souvent que ce que proposait les normes USB de l’époque.

Toutes ces qualités ont permis au port Lightning de devenir un incontournable bien qu’utilisable que par la pomme croquée.


Depuis cette époque, l’iPhone et les produits ultra portables d’Apple continuent à utiliser le Lightning bien que son avenir soit de plus en plus incertain.

En 2015, l’entreprise introduit son dernier chef d’œuvre d’ingénierie et de compacité, le MacBook de 12 pouces. Un appareil ultra fin, d’une conception millimétrique et pourvu d’un unique port en USB de type C.

Mais à vouloir prendre de l’avance sur son temps, cela fut finalement le plus gros défaut de ce Mac. Il fut dé-commercialisé en 2019. L’un des principaux échecs de cet appareil réside en son unique connecteur, bien qu’il représenta pendant autant d’années un connecteur d’avenir devenu pratiquement courant de nos jours (mais particulièrement peu répandu lors de son lancement).

L’USB-C s’apparente au connecteur idéal : une norme utilisable par tous, capable de faire transiter des puissances électriques très importantes (de l’ordre de 100 watts), des flux numériques environnant les 40Gb/s ou encore des signaux analogiques comme du son. Cerise sur le gâteau, le connecteur est réversible en plus d’être évolutif sans pour autant changer sa conception et son encombrement.
La norme s’apparente durable et parait être le candidat parfait pour remplacer le port Lightning des iPhones. Or elle ne sera adoptée que par l’ensemble de la gamme de Mac (en plus grande quantité sur chaque appareil que sur le MacBook 12’) et plus récemment, sur les iPads.

L’iPhone quant à lui continuera jusqu’à nos jours d’utiliser un connecteur vieux de 8 années, aux capacités de débits très faibles mais à la conception pour autant toujours crédible, plus fine et simple que l’USB-C. Le dernier standard USB repose en fait sur une conception contraire entre les ports femelles et mâles. Son fonctionnement nécessite l’emboitement d’une pièce souvent en plastique dans le connecteur mâle qui lui est en mesure de l’accueillir et de le retenir.

Mais en 2020 Apple n’a jamais autant donné de signaux en faveur de l’abandon des ports de toute sorte soient-ils. L’alimentation des batteries semble reposer prioritairement sur une technologie de recharge d’abord inconsidérée mais de plus en plus démocratisée : la recharge Qi. L’entreprise semble enfin se diriger vers un standard, bien qu’elle ait également trouvé un moyen de maintenir le business qu’elle entretient avec les très rentables certifications Lightning.

Les choix marketing et de communication réalisés par Apple pour présenter et commercialiser la gamme d’iPhone sont tels que le port Lightning et la face basse du cerclage des iPhone ne sont jamais montrés, même à travers les rendus trois dimensions réalisés par l’entreprise. Les récentes vidéos commerciales de l’entreprise privilégient également une représentation de l’iPhone se chargeant sur un socle de recharge sans fil plutôt que via son câble traditionnel.

Enfin, l’une des plus grandes nouveautés inaugurés avec l’iPhone 12 n’est rien d’autre que le renouveau de MagSafe, un système de recharge basé sur des aimants qui fut ironiquement abandonné des Mac au profil de l’USB-C.

 

« Le problème avec l’iPhone 12 ! » — Léo Duff.

MagSafe en 2020, c’est un petit objet sphérique dont la conception repose essentiellement sur une bobine cuivrée standardisée par la norme Qi, des aimants en abondance et un système de communication NFC. L’objet est conçu pour s’apposer avec précision au dos de l’iPhone afin de le recharger avec une puissance de 15 watts. Cette puissance, bien que loin d’être la plus impressionnante pour la recharge sans fil est imbattable sur un point, le rendement. Du fait de la proximité immédiate de la bobine de l’iPhone avec celle de l’accessoire MagSafe, les déperditions énergétiques sont beaucoup moins importantes que pour un chargeur sans fil traditionnel où les bobines ne sont jamais superposées idéalement.

Pour une certaine puissance électrique prélevée par l’accessoire, il sera capable de convertir une plus grande partie de cette énergie en champ magnétique exploitable par la bobine réceptrice que ce que propose la concurrence. Un argument écologique certain pour cette technique de recharge déjà décriée à de plusieurs reprises pour son très mauvais rendement face aux autres solutions filaires. MagSafe a également la faculté de continuer à recharger l’iPhone quand celui-ci est pris en main par son utilisateur. Les aimants sont assez puissants pour maintenir l’accessoire en place et cela permet à ce dernier de répondre exactement aux mêmes besoins que le port Lightning. Autrement dit, MagSafe permet d’utiliser son iPhone à coté de son lit tout en le rechargent, MagSafe permet de partir en voyage et d’utiliser le standard Qi comme principal moyen de recharge sans fil.

MagSafe introduit également à une nouvelle certification MFi (comprenez « Made For iPhone) qui permet à l’entreprise de maintenir les revenus qu’elle touchait avec le Lightning lorsque les accessoiristes vendaient des objets tiers pour les iPhones. Afin que MagSafe délivre sa puissance de charge maximale de 15 watts, l’iPhone doit reconnaitre via le système NFC quel appareil lui est apposé. Dans le cas échéant il exploitera la recharge 15 watts. Mais le génie d’Apple est de permettre tout de même à tous les appareils Qi de fonctionner sur l’iPhone. Autrement dit, l’iPhone utilise enfin un standard partagé par toute l’industrie.

Seulement il se contentera d’une recharge à 7,5 watts si l’accessoire n’a pas reçu les certifications de l’entreprise. Un moyen idéal de conserver « l’exception iPhone » tout en proposant un produit moins contraignant et plus ouvert. Cette exception fait d’autant plus sens qu’Apple compte sur les aimants de MagSafe pour développer un nouvel écosystème d’accessoires à la fois de recharge mais aussi de fixation pour iPhone.

L’avenu de MagSafe représente à coup sur la fin du connecteur propriétaire d’Apple. Le pari est de démunir l’iPhone de toute entrée physique à proprement parler, afin de rendre l’iPhone encore plus pure. Le MagSafe représente l’élégance à l’iPhone, les aimants dirigent par la force des choses l’objet circulaire vers le dos de l’iPhone pour débuter la recharge. Alimenter l’iPhone devient plus transparent que jamais, à tel point qu’un élément physique dédié à cette étape pourtant fondamentale s’efface au profil de l’invisible. Et cette étape, aussi invisible qu’inévitable  soit-elle, pourrait se démocratiser sur tous les appareils ultra mobiles avant de conquérir tous ceux dépendants du déplacement des électrons.  

PhiloTech N°15.

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