Le 5 juillet 2018, produit et rédigé par Louis Viratelle.

Depuis, des annĂ©es, je suis Ă  la trace Samsung. Depuis ce dĂ©but d’annĂ©e, je commence Ă  me poser des questions.

Samsung, c’est d’abord l’amour du hardware, l’amour de l’électronique. Avant toute chose, Samsung fabrique des composants, Samsung est un fournisseur, un constructeur. Depuis Ă©normĂ©ment d’annĂ©e, en parallĂšle de ses activitĂ©s purement industrielle, le constructeur aux trois Ă©toiles propose des produits pour le grand public. La force de ces produits, leur hardware. J’ai toujours aimĂ© cette marque car j’ai trouvĂ© leurs choix judicieux, cohĂ©rents et bien intĂ©grĂ©s dans leurs produits.

Le problĂšme vient qu’aujourd’hui, Samsung ne peut se permettre de proposer uniquement un aspect matĂ©riel excellent. LĂ  oĂč Apple et Google appuie leur software avec du hardware, Samsung appuis son hardware avec du software.

Prenons un exemple : l’annĂ©e derniĂšre, le Galaxy S8 m’a complĂštement convaincu.
Au moment de sa présentation, je trouvais que ce produit était un vrai petit bijoux.

L’aspect matĂ©riel Ă©tait exceptionnel par son Ă©cran gĂ©nialissime, sa bonne puissance, son module photo trĂšs intĂ©ressant, sa recharge sans fil, sa prise en main juste parfaite. Son design Ă©tait selon moi, le plus rĂ©ussi. Son Ă©cran incurvĂ©, les animations de l’interface, le design de la surcouche Samsung Experience et du matĂ©riel ont Ă©tĂ© pour moi des qualitĂ©s Ă©normes pour convaincre le plus grand nombre d’entre nous. En 2017, je ne m’attendais pas Ă  plus pour Samsung.

Mais cette année, Samsung me fait peur. Il me fait peur depuis la présentation du Galaxy S9.

Comme Ă  son habitude, la marque Ă  prĂ©sentĂ© des mises Ă  niveau hardware intĂ©ressante. Cette annĂ©e, il n’était pas possible pour le fleuron d’introduire de grandes innovations dĂ» au Galaxy S8 qui Ă©tait particuliĂšrement rĂ©ussi et complet.

Le problĂšme vient plutĂŽt du logiciel. En 2017 Samsung a prĂ©sentĂ© un hardware complĂštement revu. En 2018, je m’attendais de mĂȘme pour le software.

Il ne m’a pas fallu longtemps pour me rendre compte que Samsung n’a vraiment pas la bosse du software


Aujourd’hui, malgrĂ© son introduction l’an passĂ©, la surcouche Samsung Experience est pour moi complĂštement dĂ©passĂ©. Autre fois, je trouvais que les surcouches avaient du sens tellement l’interface d’Android pure Ă©tait horrible. Celle-ci manquait cruellement d’options, sans parler des choix UI et design fait par Google.

Seulement depuis Android 5, Google Ă  dĂ©cidĂ© de rendre Android stock exploitable sans surcouche. Pour moi, ce paris est aujourd’hui rĂ©ussi. Certes une surcouche permet Ă  un constructeur de garder son identitĂ© visuelle et de ne pas se fondre dans la masse. Mais je ne pense pas qu’il s’agisse d’un argument valable aujourd’hui si c’est pour que le smartphone soit ralenti (je parle bien de ralentissement non volontaire de la part du constructeur).

Mais Samsung continu de miser sur sa surcouche. En soit, ce n’est pas un gros problĂšme car celle-ci apporte toujours des options intĂ©ressante en plus de permettre Ă  la marque de garder une identitĂ© visuelle Ă  travers le logiciel.

Le gros problĂšme vient plutĂŽt que Samsung optimise trĂšs mal sa surcouche. Aujourd’hui, ils doivent l’optimiser et proposer une fluiditĂ© digne d’Android stock.

Quand on se rend en magasin pour prendre en main un Galaxy S, on aperçoit ce problÚme de fluidité assez rapidement. Il y a un temps de chargement des icÎnes, ce qui est inacceptable pour un smartphone haut de gamme de 2018.

Par la suite, on se rend compte qu’entre le moment oĂč notre doigt sĂ©lectionne quelque chose Ă  l’écran et le moment oĂč le Galaxy rĂ©pond et dĂ©bute l’animation, il se passe un certain lapse de temps. Ces dĂ©fauts dĂ©range et rend l’expĂ©rience utilisateur pas exceptionnelle.

Certain vont me trouver trĂšs subtil mais ce sont ce genre de dĂ©tail qui font qu’un smartphone est agrĂ©able Ă  utiliser au quotidien et que son utilisateur est conquis. Samsung se doit de limiter les dĂ©gĂąts de fluiditĂ© de sa surcouche, ils doivent la rendre complĂštement transparente avec l’expĂ©rience proposĂ©e par Android stock. Ils doivent sortir des sentiers battus en ce qui concerne son design et proposer une interface qui leur est encore plus propre avec peut-ĂȘtre plus de gestuelle et d’élĂ©ment visuelle pour faire un contraste avec l’épuration du reste de l’interface.

Samsung doit trouver Ă©galement de nouvelle animations pour rendre l’expĂ©rience Galaxy plus identitaire.

Mais Samsung, encore aujourd’hui, prĂ©fĂšre tout miser sur le hardware.

Par la suite, j’aimerai parler de Bixby. Bixby est l’assistant de Samsung. Cet assistant Ă  Ă©tĂ© pour moi la preuve que la marque avait tout compris. Elle avait tout compris car Bixby peut remplacer entiĂšrement l’interface d’Android. Mais Samsung n’a pas Ă©tĂ© capable de dĂ©velopper son assistant assez rapidement pour tenir tĂȘte aux tĂ©nors du software.

Aujourd’hui, pour moi, rien n’est jouĂ©. Il n’est pas trop tard.

Samsung devrait s’empresser de rendre Bixby complĂštement exploitable pour faire comprendre aux grands publics son utilitĂ© et l’impact que peut avoir son assistant sur l’os en lui mĂȘme. Quand tout le monde critiquĂ© le bouton physique du Galaxy S8 pour Bixby, j’ai trouvĂ© son implĂ©mentation complĂštement justifiĂ©.

Si son apparition Ă  nĂ©cessitĂ© une marque physique sur l’appareil, cela signifie pour moi que Samsung veut rendre l’usage de son assistant aussi important que le bouton de verrouillage.

Un assistant comme Bixby est l’avenir des interfaces mobile.
“La simplification jusqu’à l’extermination” tel ont Ă©tĂ© les paroles de Steve Jobs.

Ces paroles ne s’appliqueront pas uniquement sur le design extĂ©rieur et physique du produit mais aussi sur son interface logiciel.
[Le] “design est un drĂŽle de mot. Certaines personnes pensent que [le] ‘design’ signifie ‘à quoi un objet ressemble’. Mais bien sĂ»r, si vous creusez plus profond, c’est vraiment comment cet objet fonctionne.”

Le bouton Bixby, ce n’est pas qu’un dĂ©faut de design, le bouton Bixby, c’est comment fonctionnera l’interface de demain.

Samsung, garde confiance, innove et impose des choix, tes choix. Le grand public ne dicte pas spĂ©cialement le bon chemin. Le grand public reste dans sa zone de confort et ne comprends pas le principe de l’évolution car il justifie ses choix uniquement sur la base de son utilisation.

Ce qui me dĂ©range chez Samsung, ce sont Ă©galement les choix fait ces derniers temps au niveau de leur gamme. Cette annĂ©e, dĂ» Ă  la maigre Ă©volution du Galaxy S9, je trouve que celui-ci ne mĂ©rite pas son nom. Je pense qu’ils auraient dĂ» l’appeler comme une variante du Galaxy S8 et rĂ©server de vĂ©ritable nouveautĂ© plus tard dans l’annĂ©e.

Si ce choix n’était pas envisageable pour la marque, le choix de ne tout simplement pas dĂ©voiler de nouveau produit en dĂ©but d’annĂ©e 2018 et d’attendre plus tard dans l’annĂ©e pour un lancement afin d’optimiser le software et de proposer davantage de nouveautĂ© aurait Ă©tĂ© intĂ©ressant.
Par ailleurs, le choix de garder la prise jack me dérange. Mais nous y reviendront plus tard dans un autre article.

Un dernier point qui aujourd’hui me chagrine, concerne les mises Ă  jour d’Android sur les appareils Galaxy. En effet, Samsung propose environ deux mise Ă  jour du systĂšme d’exploitation vers la plus rĂ©cente des versions d’Android pour le milieu de gamme.

En ce qui concerne le haut de gamme de la marque, il faut compter trois ans de suivis logiciel avant que l’appareil devienne vulnĂ©rable
 (Pour rappel, Apple met Ă  jour ses appareils au minimum cinq ans si ce n’est plus comme nous le dĂ©montre iOS 12).

Tout le monde le sait, la lenteur de la publication de ces mises Ă  niveau est causĂ© par les constructeurs qui ne s’empresse pas d’optimiser Android avec leur surcouche sur leurs appareils. Du fait de ce gros dĂ©faut, Google a dĂ©ployĂ© le Projet Treble qui promet la derniĂšre version du patch correctif de sĂ©curitĂ© de l’os ainsi que le dĂ©ploiement de la derniĂšre version d’Android dans les plus courts dĂ©lais.

Ces “prouesses” sont rendu possible car les constructeurs n’implĂ©mente pas leur surcouche sur l’os stock de Google, ce qui rend leur dĂ©ploiement beaucoup plus simple.

Pour ma part, je ne vois pas du tout Samsung participer Ă  ce projet car le constructeur ne peut plus se diffĂ©rencier Ă  travers le dĂ©veloppement d’un software propre Ă  eux.

Dans ce cas, je pense qu’il est important pour le constructeur de proposer un suivi rĂ©gulier et rapide des mises Ă  jour.
Pour se faire, ils devraient dĂ©ployer de plus gros moyen sur l’optimisation de leur surcouche vers la derniĂšre version d’Android en construisant de nouveau centre spĂ©cialisĂ© pour cette tĂąche comme la fait Lg.

Par ailleurs et comme prĂ©cisĂ© plus haut, ils devraient grandement simplifiĂ© leur surcouche et arrĂȘter de rajouter des dizaines d’applications en parallĂšle et non visible en tĂąche de fond qui consomme Ă©normĂ©ment de batterie et de ressources.

Samsung, c’est aussi un problùme de suivis des produits dans le temps. Les hauts de gamme – comme dit plus haut – ne sont plus suivi au bout de trois ans pour la partie logiciel. Je pense qu’ils devraient prolonger leur cycle de suivi des produits afin de satisfaire les clients dans le temps comme le propose Apple.

Si on regarde les ventes de Samsung sur les Galaxy haut de gamme, on se rend bien compte que ce dernier réalise ses affaires sur du trÚs court terme.

LĂ  oĂč Apple propose qu’un nouvel iPhone par annĂ©e en deux variantes, Samsung propose en parallĂšle du milieu et de l’entrĂ©e de gamme.
Ils sont donc contraint de ne pas proposer de suivi logiciel plus long pour leur haut de gamme car sur du long terme, les gammes plus abordable seraient inintéressante. Apple mise sur le fait que leurs appareils perdent beaucoup moins de valeur car ils proposent un suivi des mises à jours sur du long terme bien meilleur.

Un iPhone haut de gamme Ă  sa prĂ©sentation – devient trois ans plus tard – un produit de bonne qualitĂ© en concurrence avec Android car le suivi logiciel est toujours d’actualitĂ©.

Sur l’os de Google, on prĂ©fĂšre sortir plein de modĂšle avec un mauvais suivi des mises Ă  jour ce qui rend l’avis de l’utilisateur sur du long terme par trĂšs positif.

En contrepartie, les consommateurs sont invitĂ© Ă  renouveler leur produit ce qui avantage donc – sur du court terme – les ventes du constructeur.

Personnellement et au vu du budget consacrĂ© par le grand public pour les smartphones (326 euros en moyenne en France), je pense que – sur une expĂ©rience utilisateur long terme – la stratĂ©gie d’Apple est bien plus rĂ©ussi.

L’iPhone garde de sa popularitĂ© dĂ» Ă  la simplification de la gamme constituĂ©e que de produit haut de gamme. Les utilisateurs sont satisfait car ils ont toujours un produit premium qui n’est pas spĂ©cialement sorti dans l’annĂ©e mais qui garde cet aspect de qualitĂ© tout en ayant un os Ă  jour.

Voilà la stratégie du géant de Cupertino.

Je voudrais voir le grand acteur technologique Sud Coréen voler de ses propre ailes et proposer sa vision de la technologie à travers le développement de ses produits.

J’aimerai vous voir Ă©voluer de la maniĂšre que je viens de dĂ©crire car au vu des choix que vous rĂ©alisez aujourd’hui, il serait pour ma part bien plus judicieux de prendre un iPhone


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