Publié le 15 mars 2020, proposé par Louis Viratelle.

Mars 2020 et tout particulièrement le rover Perseverance est développé par un laboratoire de recherche annexe à la NASA, nommé JPL (Jet Propulsion Laboratory). L’établissement de la mission débute en décembre 2012, suite au succès du projet Curiosity qui atterrit la même année. Le rover en question atteint le sol de Mars fonctionnel et permet aujourd’hui encore l’acquisition de données sur la planète afin de mieux la discerner. Reprendre les fondements déjà démontrés de Curiosity pour le projet Mars 2020 a permis d’abaisser les coûts de conception du rover Perseverance, qui se chiffre à 2,44 milliards de dollars Américains, sur la période 2014 – 2016. Un budget qui inclut la conception de l’ensemble des aspects de la mission (le rover mais également les systèmes qui l’acheminent et de contrôle distant), la production et la gestion du lancement, du voyage et du rover sur une période reconductible de deux années terrestre.
Mars 2020 est l’occasion de valider la technique d’atterrissage déjà retenue pour Curiosity, le rover de 2011, ainsi que d’améliorer les systèmes d’analyse embarqués sur l’appareil. Comme nous allons le voir, cela permettra d’accroitre encore plus la pertinence des analyses de Perseverance.
Enfin le projet améliore certains aspects qui n’avaient pu être anticipés correctement avec Curiosity, en particulier la conception des roues (qui ont étaient mise à rude épreuve avec la mission de 2011, car la texture de la surface de mars n’était pas parfaitement compatible avec l’architecture des roues retenues), ou encore l’amélioration du bras robotisé, des systèmes informatiques et de télécommunication, d’anticipation contextuelle et automatisée du lieu d’atterrissage en fonction de l’environnement.
Il est évident que nous allons traiter les améliorations les plus importantes, des systèmes plus mineurs ont été également revus et modernisés par les équipes pour aspirer le plein succès de la mission. Enfin le départ de la capsule est prévu pour juillet / août 2020, l’atterrissage du rover devrait se faire en février 2021. Les délais estimés sont en ce jour correctement respectés, aucun retard conséquence n’est à déplorer.

L’objectif de la mission

Cette partie reprend certaines formulations exactes pour décrire l’objectif Mars 2020, qui sont disponibles dans ce rapport officiel.

Dans un premier temps l’objectif rentre dans le même cadre que les missions antérieures à savoir explorer un environnement susceptible d’avoir accueilli la vie. Pour se faire il est question de réaliser des analyses de la planète Mars. Dans le même thème il s’agit de réaliser des recherches biologiques sur des sites martiens déterminés (conclusion de la possible habilité passée des lieux explorés en déduisant des analyses une forme de vie antérieure potentielle dans une zone délimitée grâce à des signatures biologiques particulières, qui sont interprétées via les capteurs du rover).
La collecte d’échantillons du sol martien est prévue lors de cette mission (dans le respect des règles de protection planétaire) afin de les analyser pour confirmer les anticipations et / ou pour informer de la composition des prélèvements. Le stockage matériel de ces prélèvements sans détériorer leur nature est un point conséquent de la mission, afin d’anticiper un possible acheminement futur des prélèvements sur terre.
Démontrer la viabilité de technologies qui permettent l’utilisation de ressources in-situ (ressources présentes sur la planète), pour par exemple produire du dioxygène et de l’ergol.
Identifier et accroitre nos connaissances concernant la morphologie et la taille de la poussière martienne pour comprendre son incidence sur les opérations à la surface de Mars et sur la santé humaine.
Préparer les futures missions habitées sur le sol martien en testant des technologies embarquées et en analysant les conditions martiennes (température, rayonnement, poussière etc…) y compris lors de l’entrée atmosphérique sur mars du rover (qui permettra de mieux définir l’atmosphère de la planète).
Ces analyses permettront de confirmer le climat de Mars et de valider les modèles de circulation atmosphérique de la planète rocheuse.
Déterminer les performances et l’efficacité des boucliers thermiques lors de l’arrivée sur Mars est un aussi un objectif important pour la mise en place de voyage terre / mars plus régulier.

Illustration de l’apparence de Curiosity sur Mars, silhouette commune à Perseverance.

Le site d’atterrissage retenu

Sélectionner le site d’atterrissage (donc le lieu des analyses du rover) est une tâche complexe. En effet le relief de Mars est très divergent. Certaines zones sont accidentées, donc inadaptées pour faire évoluer un rover, d’autres ne possèdent pas une grande diversité de la composition des roches. Il faut donc trouver un lieu qui n’impose pas des contraintes importantes pour l’atterrissage, qui permette une mobilité de Perseverance optimale et qui soit assez riche pour que les prélèvements et analyses soient pertinents.
Pour se faire les équipes du projet ont consulté la communauté scientifique internationale. Le satellite Mars Reconnaissance Orbiter (qui comme son nom l’indique est en orbite autour de Mars) a permis d’obtenir des clichés précis de la planète pour la cartographier et analyser certaines zones. Les scientifiques peuvent de ce fait juger l’attractivité des différentes localisations en anticipant la composition de la surface martienne et en spéculant sur l’historique de ces lieux (potentielle présence passée d’eau liquide, dynamique de la zone importante, potentielle apparition passé d’une forme de vie etc…)
Une première sélection de 28 sites différents est alors discutée en 2014. Après plusieurs rétrécissements du nombre de sites pertinents, c’est en novembre 2018 que le cratère Jezero est finalement sélectionné pour l’ensemble de la mission Mars 2020.
Ce cratère aurait pu héberger un lac dans le passé. En effet Mars Reconnaissance Orbiter a détecté la présence de minéraux argileux qui se forment en présence d’eau. Il est avancé que l’eau aurait été présente à deux époques séparées sur cette zone, l’anticipation de la présence de sédiments renforce d’autant plus cette hypothèse. Les caractéristiques de cette zone tombaient parfaitement dans les clous de la mission Mars 2020, ce qui justifie la sélection du site.

 

La composition et les rôles des systèmes d’acheminement, la procédure d’atterrissage

Afin d’acheminer Perseverance au lieu-dit, une structure composée de plusieurs éléments a été conçu. Le système sélectionné est très similaire à celui utilisé par Curiosity. Certaines modifications ont eu lieu afin d’assurer le fonctionnement de cette technique malgré la masse plus importante du rover de 2020, ainsi que pour améliorer l’automatisme de la sélection précise du lieu d’atterrissage en fonction de l’analyse du terrain martien via des calculateurs intégrés.
L’étage de croisière est celui qui renferme l’ensemble des autres structures. Cet étage est celui qui sera exposé à l’environnement spatial après le largage de l’ensemble par un lanceur (Atlas V, en l’occurrence). Sur l’illustration schématique ci-dessous il s’agit de l’élément numéro 1. La masse de cette partie est de 539 kg, dont 70 kg de carburant afin d’assurer le voyage entre les deux planètes et en particulier la tenue des trajectoires définies. Il s’agit donc de l’étage de croisière, qui se séparera lors de l’arrivée au niveau de l’atmosphère de Mars.
Les étages de rentrée atmosphérique et de décente se chiffrent à trois. Le bouclier thermique avant est conçut pour rester en état malgré des températures extrêmes lors de l’arrivée très rapide dans l’atmosphère (plus de 2000 degrés Celsius). C’est aussi lui qui de par sa forme et son aérodynamisme permet de rentrer correctement dans l’atmosphère et de garder le contrôle de la descente. En effet l’entrée en atmosphère est une phase critique et un décalage de quelques degrés sur l’angle d’entrée prévu est suffisant pour l’échec de la mission. Si l’entrée dans l’atmosphère est trop abrute, la capsule subira des températures trop importantes ce qui pourrait détruire l’ensemble de la coque extérieur ou endommager fortement les systèmes embarqués. Dans le second scénario où l’angle d’amorce de l’atmosphère martienne n’est pas assez important, la capsule serait rejetée de l’atmosphère et regagnerait une orbite dans l’espace.
Lors de l’entrée dans l’atmosphère martienne (pour rappel, à une distance de 10 km du sol, l’atmosphère est 100 fois moins dense que sur terre), la course folle de la capsule évoluera à 21 000 km/h alors que nous serons qu’à 130 km de la surface. Le bouclier thermique va permettre d’abaisser la vitesse de la capsule à 1500 km/h et après avoir parcouru 119 km, elle se situera à 11 km du sol. Du fait de la plus faible atmosphère que sur terre, le freinage naturel de la capsule est moins important. Un parachute supersonique (parachute conçu en particulier pour résister à un fort claquement provoqué par la force de freinage aux premiers instants de l’ouverture) stocké au niveau de la partie 6 du schéma est déployé. Il mesurera plus de 16 mètres de diamètre et sera l’un des plus solides que l’homme n’est jamais créé car la pression à laquelle doit résister le matériau utilisé est très importante. Pour vérifier les capacités des modèles conçus, des tests grandeurs nature ont été réalisés sur terre en déployant ces parachutes à une altitude possédante une densité atmosphérique proche de Mars, avec une charge utile à freiner ajustée pour reproduire l’intensité de la force que devra subir le parachute sur Mars.

Contenu vidéo illustrant différents tests de parachute réalisés dans l’atmosphère terrestre.

 

Ce parachute va ralentir la vitesse de la capsule à 450 km/h et pendant qu’il fera effet, le bouclier thermique (numéro 5) se retirera de la structure. Vers 1,6 km d’altitude le parachute sera détaché (avant de retomber plus loin sur Mars) au même titre que le bouclier arrière, laissant évoluer dans la même trajectoire seulement le rover (numéro 4) solidement attaché à l’étage de descente (numéro 3). Une fois ces deux éléments désolidarisés du reste, un système de rétrofusée est immédiatement activé. Ces moteurs-fusées se nombrent à 8 et exercent une poussée assez importante pour compenser le poids qu’exerce l’étage et le rover (2269 kg avec 390 kg de carburant), via une variation allant pour chacune d’entre elles de 400 à 3060 newtons. Le poids du système est à ce moment de 8 418 newtons, quand l’ensemble des rétrofusées à leur régime maximal réalisent une poussée inverse de 24 480 newtons, de quoi freiner fortement les deux modules.

Représentation schématique des différents éléments qui composent la capsule Mars 2020.

L’étage de descente est également composé de huit autres petits moteurs-fusées qui contrôlent l’orientation de la sonde de manière automatique et active. En effet un radar doppler perfectionné pour émettre des faisceaux sur la surface de Mars et obtenir une cartographie précise des reliefs de la planète à quelque mètre du sol est installé. C’est à ce moment que de manière automatique le lieu d’atterrissage est fixé définitivement (afin d’assurer un atterrissage autonome et subjectif en actionnant les moteurs-fusées pour s’adapter aux contraintes du terrain). Ces décisions automatiques contextuelles auront déjà débuté lorsque le bouclier thermique avant sera détaché pour que dès ce moment la sonde soit guidée au plus proche du lieu d’atterrissage prévu grâce à des moteurs-fusées qui corrigent la trajectoire. Une innovation propre à la mission Mars 2020.
Une fois à très courte distance du sol, des câbles vont permettre de poser délicatement le rover au sol de Mars. Lorsque les roues dépliées sauront en contact avec le sol, les câbles se détachent du rover et l’étage de descente reprendra de l’altitude avant de se crasher un peu plus loin sur Mars.

Illustration cinématographique ciblée sur les phases d’acheminement de la capsule Mars 2011, très similaire à celle de Mars 2020.

L’évolution des systèmes distincts à l’analyse martienne

Même si Perseverance reprend très largement l’ingénierie mise en place pour Curiosity, cette seconde itération de cette conception a été modernisée, dans le but de combler certaines failles constatées lors de la mission de 2011 et d’accroitre l’efficacité de certains systèmes, qui profitent de l’avancée technologique qui s’est écoulé durant les années qui séparent les deux missions.
L’élément par excellence qui a été revu est l’architecture des roues. A partir de photos prises par le bras robotisé de Curiosity, les ingénieurs ont constaté que les roues souffraient d’une usure bien plus importante que ce qui était anticipé, un défaut difficilement anticipable du fait de notre faible connaissance de l’aspect précis du sol martien (qui est très pointu et coupant par moment). Pour cette seconde itération, à l’instar de la première, il sera question d’utiliser de l’aluminium renforcé et de munir cet élément en contact direct avec le sol de Mars de rainures pour maximiser l’adhérence et permettre entre autres au rover d’évoluer sur des plans inclinés de 45°.
Le système de télécommunications avec la terre est également amélioré. Actuellement, pour interagir entre Curiosity et les centres terrestres, un système de relai est en place. C’est la solution privilégiée pour toute communication. Le principe est d’utiliser une antenne courte distance disposée sur le rover pour répandre sur une cible assez large les informations. Les orbiteurs martiens se chargent d’acquérir les données et de les transmettre à l’aide d’antennes plus perfectionnées vers les centres terrestres. Une technique qui permet d’atteindre des débits aussi rapides que mon actuelle adsl, à savoir 2 mbp/s (on cessera la comparaison ironique à ce stade, la latence étant elle de 10 minutes dans le meilleur des cas).
Outre cette technique Perseverance possèdera deux autres antennes à liaison directe avec la terre. Le principe résulte à pointer ces antennes aux fréquences beaucoup plus importantes vers la terre (le rover doit être autonome pour une telle manipulation, qui implique la rotation de l’antenne) puis à directement émettre les données grâce à un débit qui ne s’élève à plus de quelques centaines de bits par seconde pour la première de ce type. Quand celle qui serait utilisée dans des circonstances assez critiques, elle ne monte à plus de 10 bits par seconde. Bien que ces deux antennes à communication terrestre paraissent éloignées de ce que permet la communication satellitaire, ce sont deux modernités de la mission Mars 2020.
Outre ces systèmes, le rover ne serait rien sans l’informatique… et les informaticiens. Pour que ce petit monde prenne vie, deux ordinateurs identiques sont à bord. Les deux se relaient et ne fonctionnement pas en parallèle, le principe étant de doubler les unités en prévention de la panne de l’un d’entre eux. L’ensemble des communications entre les centrales informatiques et les composants du rover se réalise via un réseau de connexion filaire qui respecte des normes strictes de l’aérospatial. L’électronique de ces systèmes est protégée dans une coque traitée contre les rayons cosmiques, qui ont des conséquences sur ce type de matériel. Hormis cela, les folles caractéristiques des ordinateurs de Perseverance sont les suivantes (promis je cesse mon ironie) : 256 Ko d’EEPROM, 256 Mo de mémoire DRAM et 2 Go de mémoire Flash, toutes des mémoires déjà explicitées dans ce LexTech. L’ensemble est accompagné d’un microprocesseur signé BAe Systems cadencé à 200 Mhz.

La solution pour alimenter efficacement le rover

L’un des plus grands défis de la conquête spatiale est la production d’énergie et son stockage. Pour Perseverance, l’alimentation nécessaire est très importante. Il possède de nombreux outils qui consomment et qui doivent réguler la température des systèmes via des résistances pour faire face aux conditions thermiques hostiles de Mars. Tous ces appareils doivent être alimentés durablement, avec une certaine stabilité. L’emploi de panneaux photovoltaïques n’a donc pas été retenu car ils seraient très imposants et des missions passées ont prouvé que la solution était sensible aux poussières. En effet elles pouvaient recouvrir les cellules photovoltaïques et empêcher de générer l’électricité requise, ce qui rendait les appareils inopérables pendant plusieurs mois avant que des vents martiens se lèvent et permettent de soulever cette pellicule de sable problématique.
L’alimentation déjà expérimentée par Curiosity (qui au vu de sa longévité est plus que validée) n’est rien d’autre qu’un générateur thermoélectrique à radioisotope produit par Boeing. L’idée est de provoquer de la chaleur thermique grâce à des composés chimiques spécifiques (dioxyde de plutonium PuO2 et plutonium 238 qui génèrent une puissance de 2000 W thermique). Reste la conversion électrique qui permet d’assurer 120 W directement utilisable par les systèmes grâce à des thermocouples. Il s’agit d’exploiter des matériaux thermoélectriques en mesure de mettre en relation l’énergie thermique et électrique, comme le font les modules pelletiers qui convertissent l’électricité en énergie thermique de température à la fois élevée et faible. Ici on réalise l’action contraire à savoir convertir une énergie thermique en une énergie électrique utilisable pour Opportunity.
L’électricité générée et non utilisée par les systèmes est stockée dans deux batteries lithium d’une capacité totale de 84 Ah. Ironiquement le système comporte des radiateurs de dissipation thermique pour compenser la chaleur produite, alors que d’autres systèmes requièrent la génération de cette chaleur. Un rover qui combine des divergences thermiques assez uniques ! Concernant l’autonomie du générateur, il serait en mesure de délivrer une puissance de 100 W électrique (suffisant pour le rover) après 14 années terrestres de fonctionnement incessant, bien qu’il soit conçu pour assurer avec le moins de faille possible les deux années de base de mission déjà planifiée et assurée financièrement.

Les nouveaux outils scientifiques

Le principal but de ce projet est de réaliser des analyses sur Mars pour accroitre nos connaissances des caractéristiques de la planète afin de comprendre son passé, et par adéquation la potentielle vie antérieure. Pour ce faire, un outil fort indispensable et complexe a été retenu pour le rover. Un bras robotisé comportant de nombreux instruments scientifiques est capable de bouger dans de multiples directions. Ce bras était déjà utilisé par Curiosity, bien que les outils qu’il possède aient été majoritairement revu. L’avantage de ce dernier est de pouvoir concentrer un maximum d’appareils facilement muable dans l’espace sans pour autant déplacer le rover dans son ensemble. Ce bras est en mesure d’approcher les outils au plus proche de la cible déterminée avec une précision importante pour réaliser les analyses. Concernant justement les analyses, l’objectif est de se documenter sur la structure géologique à petite échelle de la planète pour déterminer plus précisément la signature biologique de Mars, une ambition propre à cette mission, tandis que les autres rovers et stations présentent sur la planète se contentait de mesures beaucoup moins précises à ce niveau.

Le bras comporte deux modules distincts pour l’analyse.

Le premier module SHERLOC est un spectromètre Raman (observation et caractérisation non destructive de la composition moléculaire et de la structure interne d’un matériau grâce à l’observation de la modification fréquentielle causée par la structure étudiée, formait après l’émission d’un signal). Plus spécifiquement, le spectromètre employé déterminera la fluorescence pour identifier les formes condensées du carbone ainsi que les composés aromatiques. Il s’appuiera sur un laser ultraviolet et une caméra à haute résolution qui réalisera le focus grâce au déplacement de la tête robotisée. Ce module sera même en mesure d’analyser les parois des forages réalisés par un autre instrument pour réaliser des analyses plus en profondeur. Enfin le module comporte la caméra WATSON qui peut réaliser des images avec une mise au point très proche, à des fins scientifiques ainsi que pour les vérifications techniques du rover.

Le second module PIXL est de nouveau un spectromètre qui cette fois-ci qui s’appuie sur la fluorescence mise en évidence par les rayons X. L’intérêt de ce module est de déterminer la composition chimique d’un élément. Pour se faire un échantillon de 0,1mm est analysé (via différents appareils spécifiques) puis associé grâce à une caméra à une texture et une structure visuelle.

Pour compléter la flotte de système scientifique que possède le rover, trois autres grand groupe d’outils sont embarqués et répartis à plusieurs endroits.

La caméra nommée Mastercam-Z est la principale de Perseverance. Elle est située au niveau de la « tête » du rover et profite de la mobilité de cette pièce pour accroitre son efficacité de fonctionnement. Pour cette seconde itération de caméra développée dans la ville de Toulouse en France, elle se munit d’une focale variable qui permet d’obtenir une image pouvant être grandie jusqu’à trois fois. Cette caméra réalise des images couleur, elle est en mesure de faire des panoramas (du fait de sa mobilité de rotation sur l’axe Z ) et d’obtenir des images tri-dimensionnelles. Pour se faire ce module caméra est en fait composé de deux caméras identiques séparées judicieusement afin de capter les reliefs de l’image. Le capteur photographique utilisé est doté d’une résolution de 2 mégapixels. Ce module est surpassé de plusieurs filtres interchangeables grâce à un système de roue afin de définir à souhait la bande spectrale auquel est sensible le capteur. Cela permet d’obtenir plus d’informations sur les roches photographiées, en particulier leur potentielle d’érosion et leur composition. Enfin, cette caméra est en mesure de capturer 4 images par seconde en pleine résolution, une fréquence assez rapide pour étudier des phénomènes particuliers comme par exemple l’interaction entre les poussières et les flux d’air.

La partie la plus haute de la tête mobile de Perseverance (le boitier rectangulaire qui donne au rover un aspect plus vivant et signifiant pour un individu terrestre) renferme un spectromètre imageur nommé SuperCam. C’est une amélioration de l’instrument ChemCam de Curiosity, toujours grandement portée par la France. Il s’agit en fait de trois spectromètres qui composent ce module dans le corps du rover, agrémenté d’un laser et d’une caméra au niveau de la tête pour déterminer la composition chimique des roches ciblées. Le principe étant de réaliser un tir sur une roche grâce au laser pour libérer par vaporisation une fine couche de cette dernière puis de récupérer les données imagées du tir via une caméra qui elle, transmet directement par fibre optique les signaux au spectromètre (outil qui sépare les molécules à travers un rayon X pour en déterminer le nombre et leur constitution afin de dresser les spécificités du spectre étudié).

Disposition des différentes caméras de Perseverance. Elles se nombrent à 23 : 9 pour le contrôle technique, 7 pour l’analyse scientifique et 7 pour l’analyse de l’acheminement du rover.

Pour compléter le spectromètre imageur SuperCam qui est en mesure d’analyser uniquement la surface des roches, le radar RIMFAX à bord de Perseverance peut distinguer les couches géologiques enfouies jusqu’à 500m de profondeur. Comme il s’agit d’envoyer des ondes depuis la surface dans les profondeurs de Mars, les déterminations d’une couche sont estimées avec une différence de profondeur pouvant varier de 15 à 30 cm. Ces sondages réguliers (tous les 10 cm lors du mouvement de l’astromobile) permettent de distinguer la présence de glace, de sable ou encore d’eau liquide grâce à l’analyse de la réflexion des ondes propagées. C’est un instrument situé sous le rover, orienté vers le sol martien.

A l’instar de Curiosity, Mars 2020 possède une station météorologique nommée MEDA développé par nos amis les Espagnols et positionné au-dessous de la tête du rover (pour la majorité des capteurs, deux d’entre eux sont positionnés sur le châssis de Perseverance). L’ensemble de ces capteurs mesure six paramètres atmosphériques, à savoir la température au sol, la température de l’air, la pression, l’humidité, la direction et la vitesse des vents, le rayonnement dans différentes bandes spectrales ainsi que les propriétés optiques de la poussière, leur caractéristique.

L’une des caractéristiques de Mars 2020 est son système de forage mis en place au bout du bras robotisé. L’idée est de récupérer des échantillons des éléments étudiés grâce à une foreuse et de les déposer à l’avant du rover dans des échantillons hermétiques afin de les conserver précieusement. Ce travail anticipe une mission qui l’heure actuelle cherche des financements pour ramener sur terre ces prélèvements. Une ambition qui permettrait d’analyser beaucoup plus en profondeur certains aspects de Mars mais également de tester pour la toute première fois le décollage d’un appareil depuis la planète, et donc de mesurer notre aptitude à assurer un voyage aller-retour entre les deux planètes, critère plutôt important pour la conquête humaine de Mars.

Disposition de l’ensemble des appareils scientifiques sur Perseverance.

La mise en place expérimentale d’un hélicoptère

Les expérimentations sur Perseverance se nombrent à deux. La première est purement liée avec la conquête spatiale de l’humain. En effet un appareil permettant la production d’oxygène nommé MOXIE est situé au cœur du rover. L’idée est d’exploiter le dioxyde de carbone présent sur Mars (ressource in-situ) pour produire de l’O2 , élément indispensable pour la vie terrestre telle que nous la connaissons. Cette production d’oxygène est donc non seulement primordiale pour espérer un jour qu’un être vivant rejoigne Mars (car il est quasiment inimaginable de faire transiter des cargos de ravitaillement depuis la terre pour assurer les vivres nécessaires à un rythme aussi effréné qu’avec l’ISS, station entièrement dépendante des ressources terrestres).
La seconde expérimentation n’est rien d’autre qu’un hélicoptère de petite taille dont la masse est de 1,8 kilogramme. Ce dernier possède une caméra haute résolution pour filmer ses alentours et de différents capteurs pour gérer toutes les phases d’action de l’appareil, de son décollage à son atterrissage. L’un des défis de cet appareil nommé MHS est de l’adapter aux caractéristiques de Mars. En effet l’atmosphère est beaucoup moins dense que sur terre, donc les pales utilisées sont entièrement adaptées à la planète pour que leur rendement soit assez grand afin que l’appareil d’élève du sol. La motorisation utilisée permet une rotation des pales 10 fois plus rapide que sur terre.

Photographie en salle blanche de l’hélicoptère MHS embarqué à bord de Perseverance. 

 

Cet engin volant est alimenté par l’énergie solaire grâce à son panneau photovoltaïque situé au sommet de l’appareil pour alimenter une batterie lithium qui profite des avancées chimiques grandement propulsé par le marché du smartphone pour être assez compacte tout en ayant une capacité assez grande pour assurer un vol d’une minute et trente secondes. Malgré cette autonomie qui parait assez faible mais crédible au vu de la vitesse de rotation des pales nécessaires, le champ d’action du petit appareil est de 600 mètres, il est en mesure d’atteindre une altitude de 400 mètres grâce à une vitesse horizontale de 10m/s et verticale de 3 m/s. Son cycle de recharge lui permettrait d’être opérationnel une fois chaque jour. Actuellement seules 5 voles à titre de test sont prévus avant son abandon, des vols qui bien entendu nécessitent des interactions avec Perseverance. Le rover permettra de pauser l’hélicoptère au sol ainsi que de transmettre les données à la terre via une communication sans fil entre les deux appareils.

 

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