Publié le 27 mars 2020, proposé par Louis Viratelle.

Imaginez le Coronavirus COVID-19 sans Internet. Ou plutôt sans un réseau immatériel mondial et assez évolué pour communiquer en temps réel de grands flux informationnels. Il serait quasiment impossible de mettre en relation de manière efficace les têtes pensantes et scientifiques pour partager et s’informer mutuellement des avancées de chacun concernant non seulement dans un premier temps l’étude du virus, mais également dans un but ultérieur de trouver une solution pour y remédier. Imaginez un monde sans Internet. Sans un moyen instantané d’informer la population des dernières mesures de la gouvernance que doivent appliquer les individus. Imaginez un monde où la fréquence de l’information grand public est quotidienne dans le meilleur des délais. Imaginez un monde où la plupart des activités ne peuvent se réaliser qu’en côtoyant d’autres humains physiquement. Imaginez un monde où l’économie est dépendante du déplacement et des liaisons physiques entre humains. Imaginez un monde confiné tant physiquement qu’intellectuellement et moralement. Un monde où l’information cesse de s’échanger, un monde où la production de richesses n’existe plus le temps qu’un ennemi invisible s’essouffle, un monde coupé du monde dans tous les sens du terme, un monde incapable de s’informer, incapable de continuer en partie ses activités, incapable de se divertir et de divertir.

Internet rapproche et s’impose de plus en plus comme étant un moyen de communication fondamental pour l’humain. Mais au-delà d’un moyen de communication, c’est une manière de vivre, de consommer, d’animer une économie et de gérer les biens physiques.

Ce concept de connexion universel et instantané est un principe de vie. Il atteint tous les secteurs et plus globalement la civilisation humaine. Mais imaginez qu’un tel flux de communication n’existait point. C’était le cas il n’y a pas si longtemps, nombreux sont ceux qui pourraient témoigner de cette transition à la fois douce et abrupt, parfois incomprise donc ignorée mais qui a fini par s’imposer en profondeur dans la vie de chacun et de chacune.

Dans ce monde, il irait de soi que l’avancée humaine ne serait autant élaborée qu’actuellement. Notre connaissance serait beaucoup plus limitée et notre ignorance sur le monde qui nous entoure, les phénomènes en tout genre et le fonctionnement global de notre planète et des êtres qui l’anime serait moindre. Imaginez cette époque, que seules les roches et de rares objets ont traversée. Imaginez que le COVID-19 ait existé à cette époque. Il n’y aurait eu aucun moyen de l’identifier, ni même de le nommer ou de le représenter, aucun moyen de savoir qu’il s’agit d’un virus, d’un micro-organisme vivant à une taille invisible pour l’humain et qui prolifère, se transmet directement d’animal à homme puis d’homme à homme et indirectement via certaines surfaces et matières. Imaginez un monde où des humains meurent massivement sans que l’on sache pourquoi ni de quelle manière, comme si une guerre désarmée évoluait dans la plus grande des inconsciences. Imaginez un monde où l’inconnu met en évidence une faille humaine et qui rend ces derniers impuissants dans ce conflit qui oppose notre système immunitaire à un virus mortel. Imaginez un monde où le système immunitaire n’est point allié à la chimie moderne pour combattre le virus qui prolifère en s’appuyant sur le malheur des autres.

Vous avez imaginé un monde sans avancée humaine, ou si peu. Il s’agirait d’un monde sans mondialisation, sans lien commun intensif entre les humains quelle que soit leur situation géographique. Ce monde, aussi durable soit-il, tendrait vers l’ennui. Un concept humain plus redouté encore que la cruauté.

Mais ce monde sans avancée autre que primaire pour la vie, pourrait tuer une population située à une localisation géographique précise. Un peuple, une histoire, des coutumes disparaîtraient. Mais l’indépendance de ce peuple vis à vis du monde étranger limiterait très fortement les probabilités que ce virus se transmette à une échelle plus importante, voire mondiale.

Maintenant, imaginez encore ce même monde. Aucun avion ne traverserait son atmosphère, les portes conteneurs attendraient l’invention des conteneurs, les bateaux d’être plus efficients pour intensifier leur emploi, les moyens ferroviaires ne seraient même pas un rêve, au même titre que les voitures. Les moyens de communication matériels ne pourraient évoluer sur des distances supérieures à quelques dizaines de kilomètres. Ou alors, les rendements seraient tellement bas qu’il serait impossible de dynamiser l’utilisation de tels moyens de transport.

Le COVID-19 aurait probablement atteint qu’un peuple, une population et l’aurait anéanti.

Mais alors, quel est le plus juste moralement, le plus censé selon vous, humain ? Anéantir un peuple, une population, des coutumes, une culture ? Ou impacter l’ensemble des populations mondiales et humaines à une échelle fortement réduite localement ? Quand serait-il du bilan humain universel et mondial causé par un tel virus dans les deux cas ? Probablement qu’il s’agirait de chiffres suffisamment signifiant pour qu’il soit légitime de remettre en question le véritable objectif de l’avancée humaine, celle qui nous mène tous dans un chemin déjà tracé et planifié par l’économie pour atteindre un apogée indéfini et indéfinissable qui à l’image d’un virus, parait possible qu’en détruisant la vie et le savant équilibre naturel qui met en équation l’ensemble des entités vivantes. Celle qui vente une vie meilleure, plus confortable et heureuse alors qu’elle dépend de plus en plus du marketing et de l’influence pour être attractive. Quel est l’objectif de l’avancée humaine quand nous savons qu’elle ne répond plus qu’à des besoins très secondaire et alimente paradoxalement des failles, creuse la fragilité de notre monde et sa capacité a cessé de fonctionner brutalement ? Quel est l’objectif de l’avancée humaine si elle dépend de la société de consommation qui elle ne donne plus réponse à des besoins mais en créé pour mieux y répondre et les ancrer dans la tête du consommateur ? Ne serait-ce la parade à l’ennui, cette prolifération des avancées humaines, quitte à suspendre notre espèce brutalement ? L’avancée humaine n’est-elle pas qu’un divertissement ? Un moyen de nous faire consommer des biens matériels et de renouveler ce cycle de consommation le plus fréquemment possible ? Le marketing ne passe-t-il pas son temps à nous vendre du rêve, un monde merveilleux et des révolutions alors qu’au final, face à l’ennemi, nous sommes toujours aussi faillibles ?

Sans tendre vers l’un des deux extrêmes, à savoir l’absence de technologie ou sa présence généralisée, ce PhiloTech est voué à la remise en question. Il ne prend pas position mais vous invite à le faire, ou du moins à essayer de le faire. Cette réflexion a ses limites, elle est tout à fait débattable, tant l’avis universel et suprême n’existe point.

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