Le 21 septembre 2019, produit et rédigé par Louis Viratelle.
Ajusté par @TheMaitre.

Les AirPods… voici l’histoire d’une paire d’écouteurs tant enviée, que je n’avais pourtant que très peu considéré lors de leur sortie.

Il aura fallu qu’ils atteignent mes oreilles pour que je comprenne mon erreur.

Aujourd’hui, je vous propose d’étudier leur passionnante conception. L’occasion pour moi d’exposer également mon avis et ma vision sur ce produit.

 

 


 
 
Commençons par le point qui m’a le plus fait hésité à les acheter : leur qualité audio. 

Sans avoir une grande expérience en audio, je vous livre mes impressions, d’oreille de musicien amateur. 

La seconde génération des AirPods propose toujours la même conception que la première, qui diffère des habituels intra-auriculaires vu qu’ils n’ont pas de mousse qui obstrue le conduit auditif. De ce fait, les bruits environnants sont quasiment autant perceptible avec les écouteurs que sans.

Cela nous pousse d’ailleurs à garder les AirPods même sans musique. Ce choix qui n’est adopté que par très peu de marques rend le produit encore plus transparent dans son usage. On ne voit quasiment aucunes différences avec ou sans les écouteurs.

Une étude montre que les possesseurs d’AirPods et d’EarPods augmentent leur volume sonore de plus de 30% par rapport à la moyenne globale pour dominer les bruits extérieurs lors d’écoute dans un lieu bruyant. C’est un point qui n’est pas souvent relevé bien qu’il soit plus qu’important. Les tympans peuvent s’abîmer sans même que l’on s’en rende compte. On ne ressent pas de douleur à proprement parler. On se doit donc d’être vigilants avec ces produits.

Cette conception ne permet pas de pénétrer profondément dans le conduit auditif, ce qui est un gros défaut pour la restitution des basses fréquences.

Pour compenser cela, les écouteurs insistent sur cette partie du spectre ce qui produit un rendu plus basseux que ce que proposerai un signal considéré comme neutre. Tout de même, on sent les limites de cet ajustement car les basses restent approximatives et peu réactives. Il s’agit d’un choix qui me convient pour une utilisation quotidienne de ces produits. Je note l’obligation de réajuster mes AirPods dans mes oreilles pour obtenir la meilleure qualité audio possible; même si ce point relève de la subjectivité. Aussi, il s’avère compliqué de maintenir en place ces écouteurs en position couché, ce qui rend leur utilisation peu agréable pour ma part.

La partie médium m’a particulièrement surprise. La restitution des voix est plus que détaillée et naturelle à l’écoute, je fus assez étonné lors d’écoute de voix humaines. Cette partie du spectre audio est vraiment réussie.

Quand aux aigus, je les trouvent beaucoup trop en retrait. La restitution de ce spectre est très maladroite et manque de pureté. N’espérez pas relever la délicate dentelle sonore de certains morceaux de musique classique… Certaine fréquences sont particulièrement désagréables à entendre à cause de la saturation du signal. De la sibilance est par moment notable, même à volume modéré, ce qui a rendu l’écoute de certains morceaux compliquée.

Globalement la restitution, sans monter le volume excessivement, accuse un niveau de détail plus qu’acceptable (heureusement pour le prix), bien que le signal bluetooth reste du AAC. Pour tout vous dire, ce changement d’écouteurs m’a fait comprendre que le DAC de mon pc (mon ancien périphérique de base pour mes écoutes) était particulièrement mauvais et manquait cruellement de détails !

L’écoute que propose les AirPods est douce, et bien que typée, le son n’est vraiment pas agressif. C’est un rendu sonore qui me convient sans me satisfaire pleinement. La qualité audio et l’aspect qualitatif que proposent certains écouteurs filaires commence à me manquer et je pense acquérir d’ici quelques temps des écouteurs que je dédierai pour l’écoute musicale pure et dure.

Avec un iPhone, la latence des AirPods est très faible, quasi invisible pour ma part mais cela est surement dû à la compensation automatique que propose la plupart des applications les plus populaires. L’exemple le plus frappant est la restitution des petits bruits de clavier quand on écrit sur l’iPhone. Le son arrive instantanément aux écouteurs, sans un retard plus prononcé qu’avec les hauts-parleurs internes de l’iPhone !

Les micros embarqués sur les AirPods permettent de passer des appels téléphonique dans de bonne condition. La captation est bonne, les voix sont bien restituées. On n’obtient pas une grande pureté vocale, mais le résultat est bon. Notons l’absence de souffle dans les environnements peu bruyant ce qui est un bon point, surtout sur ce type d’écouteurs où le gain des micros est souvent très élevé.

 

 

 


 
Passons maintenant à mon analyse de la conception et du fonctionnement de ce produit.

Chaque Airpod détient deux capteurs de présence (sûrement infrarouge). Il faut que ces deux capteurs soient obstrués pour que l’écouteur considère qu’il est positionné sur l’oreille. Ce système fonctionne étonnamment bien ! Chose intéressante, la localisation de ces deux capteurs est telle que si on positionne l’écouteur gauche dans l’oreille droite, il ne considérera pas qu’il est positionné dans une oreille, le son ne s’activera pas. Quel souci du détail !

Trois grilles apparaissent à ce même niveau, ces grilles sont liées avec le système acoustique des AirPods. La grille arrière permet d’alimenter la membrane en air. De ce fait, les basses fréquences peuvent être accentuées sans saturer. Cela leur donne d’ailleurs plus de profondeur et un peu plus d’assise (bien qu’elles restent très modérées). Une seconde grille plus proche du conduit auditif permet selon moi de mieux restituer les fréquences assez hautes (vu que leur proximité au tympan est moins importante) ainsi que la scène sonore (qui ne reste vraiment pas très bonne). Enfin, la troisième grille plus grande et plus proche du conduit est là pour restituer les basses fréquences et les médiums. À ce même niveau est très sûrement placé un aimant, ou alors le transducteur émet un fort champ magnétique.

Légèrement plus bas, une énième perforation est visible. Celle-ci est minuscule et sans hésitation, il s’agit du second micro qui est là pour capter les bruits environnants afin de les éliminer lors des appels et des discussions avec Siri.

Enfin, tout en bas de la tige, une dernière grille est présente, celle-ci renferme le micro principal.

Le coup maître d’Apple fut d’avoir donné un design allongé aux écouteurs . Au delà du fait que ce produit est identifiable en un coup d’oeil, cela permet de rapprocher le micro principal de la bouche. De ce fait, les voix sont mieux discernables du reste. Personnellement j’aime beaucoup le rendu visuel que donne les AirPods sur soi. Au lieu de donner l’impression d’avoir un bouchon dans l’oreille, son aspect long et fin est cohérent avec les traits du visage.

La grille du micro principal est entourée par une partie arrondie en métal poli qui est conductrice. Cette zone est particulièrement sensible aux micro-rayures.

Deux bandes plastiques viennent scinder symétriquement le métal. Cela évite un contact entre les bornes positives et négatives du courant lors des recharges.

Les AirPods comportent donc un petit transducteur, ainsi qu’une carte électronique avec le module bluetooth, la puce H1 (qui re-module sûrement les signaux audio en plus d’assurer la connexion), le système de gestion de l’alimentation et des transmissions filaire du niveau de batterie (intégré à la puce H1 ?), un DAC, une batterie et un accéléromètre qui détecte le double appui sur les écouteurs afin d’effectuer l’action programmée. 

Ce double appui est reconnu à merveille, même si l’appui est très modéré. Inversement, il ne s’est jamais déclenché par erreur pour ma part. On sent le talent des développeurs d’Apple pour ce genre de détails. La reconnaissance de ces tapotements m’intrigue toujours par son infaillibilité !

L’autonomie des AirPods est suffisante pour ne pas devoir replacer les écouteurs dans leur boîtier avant de poursuivre l’écoute sur une même session. Tout de même, je note une certaine friction avec la fréquence de recharge qu’impose le boîtier des écouteurs. Prenons l’exemple de ma montre Withings. Je recharge cette dernière tous les mois. J’ai perdu la notion de recharge car je ne me souviens plus de la dernière fois où j’ai posé la montre sur son socle.

Cette notion de souvenir est présente avec le boitier des AirPods, je ressens cette contrainte de recharge. Tout cela est dû au fait que le boitier doit être rechargé environ tous les quatre jours pour ma part.

Le matériau plastique qui recouvre les AirPods semble être fait en deux parties qui sont collés entre elles lors de l’assemblage. On distingue très bien la fente qui réunit ces deux parties, ce qui est fort regrettable pour un produit vendu à ce prix.

Le boitier de recharge a un aimant à sa surface qui permet d’attirer les AirPods vers le bas lors de leur recharge ainsi que d’assurer le maintien de la position fermé de l’étui. A ce même niveau, une led de témoin qui s’allume en vert, en orange ou en blanc est présente. Un autre aimant est localisé dans la partie supérieur de l’étui.

Tout au fond de l’étui sont visibles quatre connecteurs, deux par Airpod pour la recharge. 

La charnière de l’étui est particulièrement souple ce qui permet de refermer très simplement le boîtier et de garder en sécurité les AirPods. Cette charnière accuse d’ailleurs un vilain jeu quand l’étui est fermé.

Un petit bouton pour l’appairage est présent, ce dernier n’est pas parfaitement aligné sur mon modèle. Enfin, la partie basse du boîtier accueille le port de recharge Lightning, entouré par une petite pièce qui paraît être en aluminium ce qui procure tout de suite une belle sensation de finition. Ce boîtier comporte une batterie pour recharger les AirPods et une carte électronique pour la gestion de l’alimentation et de la transmission filaire des informations sur la batterie ainsi que de la position ouverte / fermée de l’étui.

Passons aux connexions sans fil.

Quand je m’éloigne fortement de mon iPhone avec mes AirPods et que je met mes deux mains sur mes oreilles, la musique se coupe car le signal est trop faible. Si je fais le test avec une seule oreille, les deux écouteurs continuent de fonctionner. Je pense donc que les deux écouteurs ont les mêmes modules bluetooth. Les deux écouteurs communiquent entre eux via un bluetooth invisible par les autres appareils pour se partager l’audio, et une seule liaison bluetooth est faite avec l’iPhone. Le boitier ne communique pas avec l’iPhone, il transmet ses informations de niveau de batterie aux AirPods (via les bornes de recharge) qui les communiquent au smartphone. Enfin si les deux AirPods n’arrivent pas à se connecter entre eux, les deux émettent un signal bluetooth visible par les autres appareils bluetooth. 

En dernier lieu, sachez que le système de connexion automatique avec les iPhone via la puce H1 est intégré dans chaque écouteur. Peut-être même que cette puce permet d’augmenter la fiabilité de la connexion et de diminuer la latence entre AirPod.

Un point sur le recyclage des AirPods et leur boitier. Apple a très peu communiqué à ce propos. Il est dit que la relative compacité de ces appareils est peu compatible avec le recyclage. Au delà de ce point, je note surtout qu’Apple n’a fait aucun effort pour faciliter le recyclage de leur produit. Il est impossible de changer la batterie sans endommager les AirPods, pareil pour le boitier, quand les Galaxy Bubs se contentent d’une pile plate trouvable très facilement dans le commerce…

Les partenaires d’Apple pour le recyclage de leurs produits peuvent difficilement retirer la batterie lithium des écouteurs et du boitiers, ce sont donc des produits qui accusent un grand retard inacceptable sur ce point et Apple n’assume pas cette position. C’est très clairement le défaut majeur de ce produit.

Je tenais à faire ce long texte pour mettre en lumière la complexité de la conception et de l’ingénierie de ces écouteurs.

Il s’agit pour ma part du deuxième produit le mieux designé et conçu que je n’ai jamais vu auparavant. Tous ces éléments complexes fonctionnent simultanément, à la perfection et dans la plus grande inconscience de l’utilisateur. 

Ce dernier ne se soucie que de positionner ses écouteurs. 

Apple a rendu l’intuitivité de ce produit la plus naturelle qu’elle puisse être. Une telle prouesse est rarissime. Le prendre en main est vraiment quelque chose d’exceptionnel. Le travail de design et d’ergonomie réalisé sur le boitier ainsi que sur les écouteurs est incroyable. Il est possible d’ouvrir le boitier d’une main tout en le tenant fermement, les écouteurs restent tout de même aimanté à la boite d’une telle manière qu’il est inimaginable qu’ils tombent par inadvertance. La charnière du boitier est très souple ce qui aura tendance à fermer le couvercle, et cela permet  de minimiser les gestes lors de l’utilisation du produit. La puissance de chaque aimants est étudiée pour que l’ouverture et la prise des écouteurs soit le plus simple possible sans pour autant faire des concessions sur le risque de fausse manipulation.

 

 

 

 

Le design cache la complexité du produit tout en lui donnant son mode d’emploi. 

Ce produit est d’un aboutissement hors norme, c’est pour moi le témoignage de là où nous mène la technologie. 

Vous l’aurez compris, mon ressenti lors de l’utilisation de ce produit est excellent. Si certains défauts sont notables, ils sont étrangers à la fonction globale des AirPods. Cette fonction qui consiste à permettre l’écoute de la musique sans fil mais sans ennuis supplémentaires est parfaitement remplie par ce produit. 

La qualité de cette écoute est, j’en suis persuadé suffisante pour la majorité. Mais elle ne me convient pas à titre personnel. J’aimerai voir Apple faire un effort à ce niveau sur la prochaine version de ce produit. Si le consommateur lambda se suffira de cette qualité audio, il ne peut qu’apprécier qu’elle soit encore meilleure car il est compliqué d’accepter une régression quand on a déjà entendu meilleur. 

Finissons sur ces quelques mots qui je l’espère, vous laissera penseur.

Jobs a dit “La simplicité peut être plus difficile à atteindre que la complexité”.

Les AirPods disent que la complexité de la technologie doit cacher la complexité de cette même technologie. En d’autre terme, la technologie doit atteindre un niveau de complexité qui permet de cacher cette dernière.

 

Telle est la prouesse accomplie par les AirPods.

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