Publié le 17 avril 2020, proposé par Louis Viratelle.

Dans la période que nous traversons, une chose est certaine, la pénurie de masques, de gels hydroalcooliques, de respirateurs ou plus globalement de l’ensemble des matériels médicaux qui permettent le traitement des patients souffrant du virus est constatable. Ce sont ces mêmes accessoires de protection à l’utilité commune que le grand public ne peut plus acquérir, ou dans des stocks très limités. Pour pallier la pénurie de ces fondamentaux de l’hygiène et de la protection, de nombreux secteurs de l’industrie se sont mobilisés et sont arrivés à modifier leurs chaînes de production afin de répondre à ces manques, du moins dans un premier temps pour les travailleurs les plus exposés au virus. Certaines industries du textile ont muté leur production pour réaliser des masques et des blouses de protection, plusieurs marques de cosmétique ont proposé leurs flacons pour contenir du gel hydroalcoolique, qui lui, voit sa production augmenter. Les secteurs de l’automobile font évoluer leurs usines pour permettre la fabrication de respirateurs. En effet leur grande expertise dans la production en chaîne leur permettent de produire dans des délais très resserrés un volume de pièces important, sans pour autant négliger la qualité. Les systèmes de ventilation et de climatisation embarqués dans les voitures ont beaucoup de points communs avec les respirateurs artificiels qui sont l’un des outils principaux pour pallier aux insuffisances pulmonaires causés par le virus. De ce fait les usines sont en partie aptes à sortir rapidement de nombreuses pièces de ces appareils afin de répondre à la demande grandissante et urgente des secteurs médicaux. Outre ces industries dont les mutations étaient plutôt évidentes, nombreuses sont les initiatives pour préserver le plus de vies possible. Moins ordinaires, les masques vendus par la chaîne de magasins Decathlon ont permis aux soignants de se protéger de manière très efficace. Les magasins constatant l’efficacité de leur produit dont l’usage a été détourné ont fait don de tous les stocks qu’ils possédaient.

Mais outre cet effort commun tant matériel que financier pour limiter le nombre de décès causé par le Coronavirus, l’industrie du numérique à un rôle important à jouer. Bien que moins immédiat dans la sauvegarde des vies, l’enjeu est d’anticiper les cas potentiellement atteint du virus. En effet cette pandémie est très virulente car les personnes contaminées sont dans un premier temps asymptomatiques pendant plusieurs jours. De ce fait, les acteurs médicaux et politiques sont incapables de correctement gérer et anticiper les cas futurs pour mieux les accueillir et les hospitaliser avant que le virus se développe et les altèrent davantage. Dans une autre mesure ces mêmes individus asymptomatiques contaminent inconsciemment les personnes qu’elles côtoient. Ce comportement particulier pour un virus si meurtrier explique les mesures de confinement, de protection mais également l’enjeu des entreprises numériques à mieux prévoir les cas. Le principe le plus viable consiste à s’appuyer sur un outil particulièrement populaire dans les pays développés, le smartphone. Ces appareils possédés par la grande majorité sont équipés de différents systèmes de communication sans fil évolués. L’un d’entre eux a déjà été grandement utilisé, et il s’agit de la géolocalisation. Les opérateurs téléphoniques ont exploité les informations de leurs antennes LTE (4ième génération des standards pour la téléphonie) et de normes inférieures pour analyser les connexions avec les smartphones et déterminer le mouvement des populations. C’est une technique qui ne permet pas de déterminer précisément la localisation d’un utilisateur mais de déduire sa présence dans un périmètre de l’ordre de la centaine de mètres voire du kilomètre. De ce fait, les États ont pu constater de manière réelle l’efficacité des normes de confinement et d’isolement social qu’ils ont mises en place.

Les deux plus gros acteurs et piliers des smartphones que sont Google (le propriétaire du système d’exploitation Android embarqué sur 78,8% des smartphones) et Apple (créateur de l’iPhone et propriétaire du système d’exploitation iOS qui équipe 17,5% des smartphones) se sont inspirés de cette technique pour à leur tour proposer aux États les statistiques anonymisées du déplacement des utilisateurs (via les données enregistrées par les services de Google et ceux d’Apple Plan qui se basent eux deux sur les services de géolocalisation par satellite), dans le même but que précédemment, à savoir l’analyse de l’efficacité des mesures de distanciation sociale.
Ces deux mêmes groupes sont allés encore plus loin en s’associant dans le cadre du développement d’une application. Cette dernière s’appuie sur une autre technologie populaire dans les smartphones, le Bluetooth. Cette norme de communication permet usuellement de transmettre sa musique sans fil entre un smartphone et un casque, ou une enceinte, et plus globalement de rendre d’innombrables appareils sans fil et pilotables à distance via les smartphones. Cette technologie très populaire permettrait de faire communiquer les smartphones des utilisateurs entre eux, lorsqu’ils sont dans un périmètre proche (quelques mètres), via l’application qui est en cours de développement. Les données échangées via l’application entre les smartphones permettraient de les informer mutuellement de si oui ou non les utilisateurs qui se sont côtoyés ont été touchés par le COVID-19. En cas de suspicion, l’application en informerait l’utilisateur via une notification et ce dernier serait isolé pour être diagnostiqué et au besoin, pris en charge par les services hospitaliers.

Illustration de la dernière génération de Bluetooth qui apporte entre autre une plus longue portée et des débits élevés.

On estime que l’efficacité de cette méthode n’est pas digne d’un protocole médicale stricte mais permettrait de mieux gérer l’épidémie. En effet, il est difficile de déterminer précisément à quelle distance les deux appareils Bluetooth se trouvent (car les connexions peuvent être établies à plusieurs dizaines de mètres) et d’en déduire si l’utilisateur est susceptible d’être touché ou non par le virus. Aucun smartphone n’émet de la même manière, ne possède les mêmes normes de Bluetooth, n’est positionné de la même manière et dans les mêmes poches pour chacun des utilisateurs. Les déterminations des distances se basant sur la puissance du signal Bluetooth entre les deux appareils sont donc faussées et ne peuvent être estimées très précisément à des distances très proches. Or la très grande majorité des smartphones ne dispose pas de capteurs permettant de se positionner précisément dans l’espace proche, comme le permet la puce Ultra Wideband « UWB » que possède notamment la gamme d’iPhone 11. Dans ce contexte, les déductions logicielles de l’application ne seront pas à prendre au premier degré. Reste à ce système préventif plutôt très intéressant les questions de confidentialité des données. Comme évoqué dans ce très détaillé PhiloTech, Apple pratique une politique de protection des données assez stricte et il est rassurant que cette entité collabore pour l’élaboration d’une telle application (qui devrait logiquement être disponible sur l’iPhone, appareil utilisant le respect des données comme argument marketing majeur). Cependant c’est un point qui reste à surveiller de très près, étant donné que les collaborations avec les états seront très importantes et étroites pour cette application, et que Google n’est pas réputé pour se soucier autant de la barrière entre les données des utilisateurs et leur accessibilité au sein de l’entreprise, voire d’un État.

D’autres entreprises du numérique spécialistes de la santé se mobilisent pendant l’épidémie. L’une d’entre elles est française et s’appelle Withings. L’entreprise est réputée pour ses objets connectés grand public qui monitorent les utilisateurs et proposent des analyses plutôt précises des données d’activité et de santé des utilisateurs. L’analyse du sommeil, du nombre de pas, des activités sportives, du rythme cardiaque sont tant d’éléments qui peuvent être exploités par les docteurs et médecins pour mieux diagnostiquer les patients. Withings permet déjà d’établir ces données, mais propose également un algorithme de dépistage du COVID-19 sur son application, développée en partenariat avec des spécialistes indépendants en médecine. C’est également la position qu’Apple a prise, la société étant également présente dans le milieu de la santé connectée via ses montres connectées et ses algorithmes d’analyse. Mais la marque française ne s’arrête pas en si bon chemin et son fondateur Éric Carreel a promis le don de thermomètres connectés qui permettent une prise de température hygiénique à distance. La marque a également précipité la mise sur le marché de sa dernière montre hybride Scanwatch qui est très innovante via un capteur de suivi de l’oxygénation dans le sang. Cette donnée pourrait grandement contribuer au diagnostic des patients pour cette épidémie tout particulièrement, ainsi que de suivre l’évolution du virus sur le patient. Or les poumons sont l’un des organes les plus touchés par le COVID-19, qui détruit massivement les cellules respiratoires, empêchant l’oxygénation du sang, donc des organes de la personne et par conséquent, cela aboutit à son décès si aucune mesure n’est prise.

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